Le Sous-secrétaire d’Etat Stefania Craxi, répond à l’interpellation au sujet de Gibe III

19 Juil 2010

“L'Ethiopie est un pays prioritaire dans le cadre de la coopération italienne et ce qui est prioritaire pour l’Ethiopie, comme pour tous les pays de la région, c’est le développement des infrastructures énergétiques. Cela explique le rôle joué par l’Italie dans ce secteur, visant à apporter une contribution au développement d’une région à laquelle nous réservons depuis toujours une attention toute particulière”. C’est la réponse de Stefania Craxi, Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, à l’interpellation parlementaire sur l’Ethiopie présentée par Madame la Députée Federica Mogherini.
La sous-secrétaire affirme en outre très clairement: “en ce qui concerne la question spécifique relative à la construction du barrage Gibe III en Ethiopie faisant l’objet de l’interpellation, nous confirmons l’existence d’une demande présentée par le Gouvernement éthiopien au Gouvernement italien, d’un crédit de soutien de 250 millions d’euros pour le cofinancement du projet. Le Gouvernement italien n’a pour le moment pas adopté de décision à propos de cette requête. Les données techniques, socio-environnementales, financières et juridiques de l’initiative sont à l’heure actuelle encore à l’examen.
De façon générale, nous rappelons qu’il est possible de concéder des crédits aux pays HIPC (les plus pauvres et les plus endettés) à condition que ces derniers aient atteint certains paramètres économico-financiers établis par le Fonds monétaire international et qu’ils aient obtenu l’annulation de leurs dettes. L'Ethiopie satisfait ces conditions.
En ce qui concerne l’installation Gilgel Gibe II, la coopération italienne a accordé en 2004 un crédit de 220 millions pour la couverture partielle des coûts de construction de cette centrale hydroélectrique éthiopienne. Au financement italien se sont ajoutés des fonds du Gouvernement éthiopien et d’autres donateurs internationaux, parmi lesquels la Banque européenne d’investissement. Le financement en question a fait l’objet d’un accord intergouvernemental entre l’Italie et l’Ethiopie.
L'interpellation mentionne enfin l'initiative du bassin du Nil, et les répercussions possibles de l’affaire des barrages en Ethiopie sur cette organisation régionale, réunissant les Etats riverains pour une approche coopérative de la gestion des eaux. Je souhaite rappeler que l’Italie a engagé un dialogue bilatéral pour tenter de parvenir à la définition d’un accord multilatéral reconnu de tous, puisque les négociations à ce sujet semblent s’être quelque peu enlisées.
Le Ministre Frattini a soulevé la question auprès de l'Union européenne, recevant des assurances à ce propos de la part de Mme Ashton, haute représentante pour la politique étrangère de l’Union européenne. Il convient toutefois de préciser qu’aucun des deux barrages mentionnés dans l’interpellation n’a d’impact sur le bassin hydrographique du Nil: en effet, les rivières Gilgel Gibe et Gibe concernées par les deux infrastructures sont respectivement le sous-affluent et l’affluent de la rivière Omo, qui poursuit son cours vers le sud pour confluer dans le Turkana, un lac dépourvu d’émissaires.”